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Rallye Lyon-Charbonnières

Un peu d'histoire...

Le « Charbo », un rallye légendaire…

Le Rallye Lyon-Charbonnières-Rhône est actuellement l’une des épreuves phares du Championnat de France. C’est l’un des plus anciens rallyes disputés en France. Son histoire est riche de nombreuses éditions marquantes où plusieurs grandes marques automobiles, plusieurs grands noms de coureurs se sont illustrés. Des dizaines de manifestations les plus prestigieuses les unes des autres, créées par Georges Bassinet durant les années où il a dirigé le Casino de Charbonnières de 1927 à 1955, le « Charbo » est la seule qui subsiste après avoir parcouru bientôt sept décades et subi de nombreuses adaptations. Pour cette raison, c’est la manifestation la plus emblématique de la commune. Rares sont ceux qui portent le nom de leur commune au niveau national : Lyon et Charbonnières, partagent avec Le Touquet ce privilège... La saga du « Charbo » mérite bien que son histoire soit contée... Place à la légende !

Une vieille classique… toujours jeune !

En 1947, nous sortions de la guerre, le Dr Pierre Dalligand, ambitionnait de créer un événement aussi important que le fameux Rallye du Mont Blanc. C’est ainsi que le Rallye Lyon-Charbonnieres est né de l’union de l’Automobile Club, du Moto-club du Rhône, qu’il présidait et de la Société des Eaux Minérales de Charbonnières alors dirigée par Georges Bassinet. A l’un l’organisation technique, à l’autre son aide matérielle et la communication grâce à sa réputation. Clin d’œil de l’histoire, c’est précisément le Dr Pierre Dalligand qui gagnera le premier « Rallye Lyon Charbonnières », qui se déroulait les 21-22-23 mars 1947 en 1125 km sur un parcours sans interruption de 3 boucles autour de Lyon passant par St Etienne, Le Puy, Clermont Ferrand, Grenoble, Aix les bains, Bourg… avec sa Bugatti 55 de 1935 transformée, contre 93 concurrents au départ (51 à l’arrivée)!

En 65 ans, il n’a manqué le rendez-vous qu’à deux occasions : en 1948 et en 1974 en raison de rationnement d’essence. Lors des deux premières compétitions les motocyclettes, side-car partageaient l’évènement avec l’automobile. Ce qui les distinguait était la distance à parcourir : 800km pour les 2 roues et side-car, 1125 km pour les troisièmes dont 500 de nuit. Pour la traversée des agglomérations, le Code de la route devait être respecté.

Outre le parcours imposé, les concurrents automobiles étaient tenus à trois épreuves : démarrage à froid, vitesse en course de côte et maniabilité... la moyenne de route imposée se situait entre 45 et 70 km/h, selon la puissance du véhicule. En 1950, ce rallye, le « Charbo » pour les aficionados, devint exclusivement automobile.

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D’une compétition régionale à l’international...

En 1952, avec 1900 km il prend un premier virage européen : des départs de font de Lausanne, Liège et Londres. Jaguar XK, Porsche 356, Alfa Romeo 1300… font leur apparition dès 1953. En 1959 il devient réellement international avec des départs de toute l’Europe: Baden-Baden, Barcelone, Francfort, Lausanne, Liège, Londres, Turin… tous convergeant vers Charbonnières. Le règlement est alors rédigé en 3 langues : français, anglais et allemand. En 1960, une partie du parcours se déroulera en territoire allemand dont une épreuve de vitesse sur le Circuit La Solitude à Stuttgart : le nouveau « Rallye Lyon-Charbonnières-Solitude » est né.

En 1963, les constructeurs automobiles s’investissent dans la compétition automobile en mettant en place une préparation des véhicules et l’assistance tout au long des compétitions : c’est le début du professionnalisme. En 1964, la Fédération du Sport Automobile, s’intéressant à cette compétition, propose d’attribuer des points comptant pour le Championnat de France, d’Allemagne et de Suisse. Ce sera même une épreuve du Championnat Européen des Rallyes : départ de Stuttgart - arrivée à Charbonnières-les-Bains avec prise en compte de 7 épreuves chronométrées. Mais en 1973 deux règlements sont imposés, un français et un allemand : les différences de législation entre les deux pays empêchent la pérennité de cette formule.

En 1976, il redevient le « Lyon-Charbonnières » et retourne en Championnat de France avec seulement 48 équipages au départ pour un parcours de 1518 km. 24 seulement seront à l’arrivée ! Les Véhicules d’Epoque de Compétition (VHC) font leur entrée en 1978 avec un règlement adapté tandis que cette année là on observe un nouveau regain d’intérêt pour la compétition automobile avec 67 partants. Un équipage féminin - Michèle Mouton et Françoise Concini - gagne pour la première fois en 1979 au volant d’une Fiat Abarth 131 face à 96 concurrents.

En 1982, une épreuve spéciale nouvelle sera ajoutée : sur un terrain vague, disputée au camp militaire de la Valbonne. Mais le « Charbo » est relégué en Championnat 2° division suite aux fortes chutes de neige sur les spéciales du Bugey qui ont perturbé l’organisation.

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Retour en 1ère division en 1983-1959

1984, annus horribili à cause d’une tempête exceptionnelle : seuls 44 engagés sur 158 parvinrent à se classer. Sur les 22 véhicules historiques engagés, seuls 3 seront à l’arrivée pour un circuit de 449 kms ! Ce qui vaudra une nouvelle rétrogradation en 2°division, jusqu’en 1996, année où il revient en 1ière division et devient désormais le « Lyon-Charbonnières-Rhône », son nom actuel.

En 1997, il rencontre un véritable succès populaire avec plus de 250 000 spectateurs massés sur les bords des routes. Les frères Panizzi remportent le duel avec Peugeot 306 après un suspens jusqu’à la dernière spéciale.

En 1998, la victoire revient à Philippe Bugalski avec sa Citroën Xsara après une lutte acharnée contre Simon Jean-Joseph sur Subaru Impreza. Nouvelle victoire en 1999 et 2000 pour l’équipage Bugalski-Chiarini, surXsaraT4 qui préfigure la future WRC de la marque aux chevrons.

2001 : le nombre d’engagés est volontairement limité à 200. Citroën poursuit sa domination grâce à Sebastien Loeb sur Xsara Kit Car.

2002 : nouveau championnat réservé à la catégorie des « super 1600 ». Victoire de Simon Jean-Joseph sur Clio Super 1600.

Une pépinière de champions et une armada de professionnels…

Ce rallye, 63° édition en 2011, est particulièrement apprécié des coureurs car ses « spéciales » sont réputées assez difficiles et après avoir été pendant de nombreuses années le premier rallye après l’hiver, c’est actuellement le second et il constitue un redoutable échauffement pour la saison. D’ailleurs il n’est pas anodin de constater que « le Charbo » révèle systématiquement de futurs champions de France, son vainqueur étant généralement classé dans les 4 premières places au Championnat. Parmi les plus illustres, Philippe Bugalski (1998-1999-2000), Sébastien Loeb (2001 puis sept fois champion du monde), Simon Jean Joseph (2003), Nicolas Vouilloz (2006), Patrick Henri (2° en 2006,2007)…

Ces dernières années le programme du vendredi comporte des « spéciales » dans les Monts du Lyonnais et au Parc des Sports de Lyon, tandis que celles du samedi se déroulent dans le Beaujolais. A l’exception des années 2009 et 2010, l’arrivée se passe traditionnellement au Parc Ste Luce de Charbonnières les bains. C’est un temps fort de la vie locale qui commence par l’arrivée des Véhicules Historiques de Compétition (V.H.C. 30 à 50 véhicules selon les années, antérieures à 1985) suivi des arrivées triomphales des véhicules contemporains.

Le Charbo, organisé de main de maitre par l’Association Sportive Automobile (ASA) du Rhône, a été présidée par Michel Perrin, décédé en 2014. L'ASA est actuellement présidée par Gilles Mondésir.

C’est, en 2011, aussi une formidable armada de professionnels : 92 journalistes, 280 commissaires, 210 cibistes, 100 gendarmes, 19 ambulances, 22 médecins réanimateurs, 22 dépanneuses…, 72 lignes téléphoniques temporaires… sans oublier que chaque coureur est accompagné de son assistance familiale et professionnelle soit un minimum d’un millier de personnes.

Tout comme la source thermale, et le Casino, le désormais mythique « Charbo » aura marqué la personnalité de notre commune en lui donnant une aura qui dépasse le cadre régional. Il apporte une touche de sportivité et de challenge à ce charmant village béni des dieux, aux portes de la grande métropole européenne qu’est Lyon.

Amis, visiteurs, nouvel ou actuel résident…, même si vous n’êtes pas passionné(e) par la mécanique, laissez vous séduire par le Charbo : allez à la rencontre de ces passionnés de l’automobile, au départ, à l’arrivée, dans les parcs d’assistance ou dans les spéciales… vous apprécierez et comprendrez comment une légende se forge…

Remerciements particuliers au Dr Gilles Dalligand, fils du premier vainqueur, et à Henri Perrier, le charbonnois aux treize « Charbo » qui, grâce à leurs archives personnelles et leurs témoignages, nous ont permis de connaitre les premières heures de ce rallye légendaire.

Sources : Dr Gilles Dalligand, Henri Perrier, Robert Putigny, Dr Ph. Kasowski, Bernard Allemand, ASA du Rhône, Association Groupe de Recherches Historiques de Charbonnières-les-Bains et sympathisants

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